Elina Sirparanta, installée à la Plagne et compagne de Julien Regnier, a su, en à peine quelques années devenir une référence du boîtier numérique version ski alternatif. Du backcountry au freeride, Elina capte les belles lumières et shoote avec les top skieurs du globe.
Auteur du magnifique livre « Gravity » cette virtuose de la photo répond à nos questions :
Quel est ton parcours, pourquoi et comment es-tu devenue photographe ?En octobre 2000, j’ai pris ma voiture direction la Plagne pour passer un peu de temps en France et retrouver Julien Régnier que j’avais rencontré quelques années auparavant. Je ne savais pas trop ce que je voulais y faire et pour combien de temps mais ça ne m’inquiétait pas. J’étais peut-être tellement excitée d’y aller que je ne me suis même pas posé ces questions.Cet automne-là j’ai pris mes premières photos, Julien avait un vieil appareil photo et plein de magazines de ski que je lisais pour découvrir son sport. Mes premières photos étaient nulles, mais Julien m’a donné des clés pour m’améliorer et surtout, il m’a présentée à Eric Bergeri avec qui il shootait. Ça a été une super chance pour moi, il m’a vraiment beaucoup appris sur la photo de ski. C’est mon mentor, une vraie star dans la photo de sport.
Ensuite, j’ai fais de plus en plus de photos et, à la fin de la saison, je n’avais vraiment plus l’intention de partir. Julien m’a offert un joli appareil et c’est là que je me suis définitivement lancée. On est parti à Whistler où j’ai pu faire mes premiers vrais photo-shoots, c’était un beau challenge et une vraie aventure. En rentrant, on a fait développer toutes les photos, j’avais un peu peur de les regarder, mais au final ça nous semblait pas trop mal. On est donc allé voir Dom Daher qui était photo-editor chez Skieur magazine, il m’a incroyablement bien accueillie et a commencé à publier certaines de mes photos. Lui aussi m’a beaucoup encouragée depuis le début et je lui dis un grand merci.
Tu passes beaucoup de temps à voyager pour ton métier ?
Plus ou moins, ça dépend des saisons et du travail que j’ai à faire. Cet hiver a été très chargé et j’ai pas mal voyagé. Malgré la fatigue, j’ai vraiment aimé chaque instant.
J’adore partir du jour au lendemain, ne jamais vraiment savoir où je serais dans une semaine, revenir à la maison pour deux jours, ne pas défaire mon sac et repartir.
Est ce que vous shootez souvent ensemble avec Julien Régnier, ton compagnon ?
On travaille souvent ensemble, notamment depuis quatre saisons sur le magazine Weski, pour lequel il est le rédacteur en chef avec Camille Jaccoux. Julien a une vision de son sport et de ce qu’il veut en faire qui me plaît vraiment en tant que photographe. Il cherche toujours des choses graphiques, il a des idées originales et il fait du backcountry, ce que je préfère shooter.
Je pense que notre collaboration marche bien. D’un autre côté, j’aime travailler avec d’autres personnes et je suppose que Julien aussi aime travailler avec d’autres photographes.
Donne nous aussi quelques infos à propos de tes projets futurs ?
Je vais continuer à faire ce que je fais, mais en essayant de m’améliorer sans cesse. Je pense que j’ai plein de choses à apprendre et à explorer. Je veux shooter plus de backcountry et développer des projets précis, très travaillés et réfléchis. Après avoir travaillé sur mon livre Gravity, qui est sorti en octobre dernier, je pense aussi à un autre projet dans le même style, mais ce n’est pas pour tout de suite. Il faut laisser les idées encombrer le cerveau avant de se lancer dans un projet qui le vide tout autant. Je veux aussi plus travailler sur des projets en dehors du ski et du sport et surtout m’éclater à faire des portraits, ça m’amuse beaucoup d’inventer des scènes.






