Dans les flocons tombés en abondance l’hiver dernier, chacun a pu tracer un souvenir unique. Un moment de ski inoubliable. La plus belle journée d’un hiver exceptionnel. Quatre chanceux nous racontent leur instant magique, skis aux pieds.
Benjamin Gaimard, Guide de haute-montagne
« 9 heures du matin, Plagne Centre. Nous étions équipés de skis larges pour le freeride, chacun a sa pelle, sa sonde, son sac ABS et son Arva (en cas d’avalanche). Les conditions étaient exceptionnelles en cette fin de saison : belle neige, manteau neigeux stabilisé et des températures qui restaient basses toute la journée, ce qui est une donnée importante pour que notre périple se déroule sans accroc. Après un échauffement sur l’un des petits couloirs des Rossets (300 mètres) sous la Roche de Mio, nous sommes montés au sommet du domaine de la Plagne. Objectif : skier l’itinéraire du ‘Gros Glacier’ dans la face nord de Bellecôte. Nous avons suivi l’arête de Bellecôte, descendu une courte pente avant de remonter au départ du gros glacier. L’accès à la pente principale nécessite souvent l’emploi d’une corde, ce jour-là c’était skis au pied du sommet par un premier petit couloir bien dru, pour atteindre une descente raide et large de 1800m. Là nous avons trouvé une magnifique poudreuse en haut et de la neige plus soufflée mais saine en bas. Arrivés à Nancroix, nous nous sommes désaltérés aux Lanchettes, en attendant la navette pour retourner aux pieds des remontées de Peisey. Et la journée ne faisait que commencer… ».
Lysiane de Nancy, Vacancière

urprise en sous-bois : un brocard en velours, jeune chevreuil. Surprise in the woods : a young deer.
« En partant ce matin-là, je ne me doutais pas que cette journée allait être mémorable. La neige était tombée toute la nuit. J’ai rejoins des amis en bas de Cachette à Arc 1600 pour faire nos premières traces entre les sapins de la piste de Gollet, les cuisses chauffaient en telemark ! Ensuite, nous avons basculé sur la Plagne via le Vanoise Express pour rejoindre le reste de la bande. Tradition oblige, nous avons pris la direction du restaurant ‘Chez Pat du Sauget’ pour une dégustation bien méritée de la fameuse terrine de lapin aux noisettes. Après plusieurs passages dans la forêt de Montchavin, il était temps de retourner chez soi. Arrivée à Arc 1800, j’ai coupé à travers champ, suivi le chemin enneigé qui mène à la Petite Chal, un hameau situé quelques centaines de mètres plus bas, et là, comme dans un conte de fée, à cinquante mètres, un brocard en velours me regardait, aussi étonné que moi. J’ai pris le temps de sortir mon appareil photo pour saisir cet instant incroyable… »
Samuel, 8ans
Du fil-neige au snowpark
« C’est aux Arcs que j’ai passé ma troisième étoile, à Pâques, il faisait chaud. Notre moniteur, Eric, nous a appris à skier à l’envers. Ouah les gamelles ! J’aimais bien skier entre les arbres et sur le snowpark où on a sauté d’énormes bosses ! De la fenêtre de notre appartement, on a découvert le premier jour le Mont Blanc. C’est peut-être la plus haute montagne d’Europe, mais c’est très plat ! Après les cours, j’aimais bien m’amuser sur le fil-neige avec ma petite sœur qui était au jardin d’enfants pour sa première étoile. Je lui ai aussi appris à skier à l’envers. Le meilleur moment était le dernier jour, j’ai emmené ma sœur et mes parents sur le domaine que je connaissais bien et c’était moi leur moniteur de ski. Ils n’ont même pas voulu essayer le water slide ! ».
Thibaud Duchosal, Skieur freeride, 6e au classement mondial 2009 du Freeride World Tour.
« L’étape française de la Coupe du Monde de freeride avait été repoussée pour cause de mauvais temps, au mois de mars. J’avais une journée inespérée devant moi et de la neige en quantité. Il était tombé une bonne cinquantaine de centimètres dans la forêt de Villaroger. A 9 heures du matin, j’étais le premier au télésiège. J’ai d’abord skié un run tranquillement, seul, pour profiter de ce moment unique. A cause du vent, la liaison avec Arc 2000 était fermée, il y avait donc très peu de monde toute la matinée. J’ai suivi les multiples options dans la forêt, le long des deux premiers télésièges, pour aller chercher de plus en plus loin dans les arbres et ressortir tout en bas. C’était le grand calme, on était quatre skieurs et quelques animaux à se partager le domaine. Une journée magique. Je n’en ai connu que deux comme ça sur Villaroger »







