Sylvie Gotteland est guide pour la fondation FACIM basée à Chambéry et elle propose des visites thématiques des architectures des stations Paradiski. Le domaine regroupe en effet tous les styles : la station des années 20 modernisée (Peisey-Nacroix), le fonctionnel des années 60 (Arc 1600 et Plagne Centre), le néo-classique (Montchavin Les Coches) et le vrai-faux village moderne (Arcs 1950). Visite guidée.
« A Arcs 1600, conçue
à la fin des années 60, l’architecture est fonctionnelle, pratique, dédiée aux citadins qui viennent découvrir la montagne. Elle est créative, innovante, lumineuse, ouverte sur l’extérieur, moderne. Les bâtiments inscrits dans la pente permettent de partir ski aux pieds. L’exposition des appartement est voulue pour que les pièces de vie soient au soleil, et avec une vue imprenable sur la vallée pour les chambres au nord. C’est une architecture judicieuse qui a su exploiter le terrain, utiliser la pente. On peut circuler d’un bout à l’autre de la station avec un chemin piéton.
Aux Arcs c’était une équipe (dont Charlotte Perriand), alors qu’à La Plagne c’était un homme, Michel Besançon. Il a amené, en 1961, la galerie commerçante chauffée, animée, très pratique et fonctionnelle. On a même une remontée mécanique à l’intérieur du bâtiment principal ! Le principe est celui d’une station intégrée, avec un front de neige, on sort des appartements ski au pied, pas besoin de prendre une navette ou la voiture. D’un bout à l’autre de la station on peut circuler dans des rues/couloirs intérieur, c’était novateur. Aujourd’hui ça a vieilli, l’architecture moderne des années 60 est banale aujourd’hui, on en trouve dans toutes les villes de France de ces
bâtiments. Aime 2000 pousse le concept plus loin vers la modernité : un seul bâtiment avec tout à l’intérieur, à l’image d’un paquebot sur la mer. Pour construire 3000 logements sur un petit espace, Besançon reprend là une idée de Le Corbusier afin de répondre aux importantes contraintes topographiques, géologiques, économiques et météorologiques.
L’évolution de l’aménagement de la montagne, les changements de goûts, l’évolution de la société, l’adaptation aux demandes des vacanciers, nous amènent au début des années 70. Fini les toits plats et papillons ! On trouve du bois, de la pierre, des toits à deux pans. Avec Montchavin, on ranime, on ressucite un vieux village abandonné, on compose à partir de l’ancien. Dans le même style on trouve Champagny, Belle Plagne, Plagne Village, Peisey-Vallandry (où il y avait des touristes dès les années 20).
Arcs 1950 est vrai-faux village, la communication dit même « la vraie vie d’un village savoyard ». La boucle est presque bouclée avec cette architecture de décor, avec horloge, fontaine et échoppes sur la rue principale, poussée au maximum tout en apportant la modernité du parking souterrain par exemple. Il y a des petites fenêtres, de gros rideaux, tout l’inverse de 1600. »
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